1 févr. 2019

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Vous y comprenez quelque chose au CPF ?

Dans cet article, vous n’allez pas tout savoir sur le CPF (désolé, pour les plus curieux contactez nous, ce sera un plaisir d’échanger avec vous). Aujourd’hui nous allons juste faire quelques rappels et tenter de démontrer ce que nous pensons depuis quelques temps : le marché de la formation va connaître une profonde transformation.


CPF, c’est quoi ?

C’est un droit, acquis par tous les salariés, qu’ils conservent indépendamment de leur emploi, et même s’ils deviennent demandeur d’emploi. Donc les droits se cumulent tant qu’on ne les utilisent pas.

Le droit de faire quoi ?

Quand on parle de droit, on parle en fait d’argent. En résumé tous ceux qui travaillent cumulent sans le vouloir des “crédits”, donc des sommes d’argent, qui permettent d’acheter de la formation (et pas autre chose, comme les avoirs que vous gagnez avec vos cartes de fidélité).

De l’argent ? Combien ?

La base est de 500€ par an, mais la somme peut être abonder par la situation spécifique d’une personne (+300€ pour les travailleurs handicapés par exemple), le bas niveau de qualification, une convention collective plus généreuse, ou pourquoi pas un abondement extérieur (un projet de loi FFP prévoyait même un crédit d’impôt pour les personnes qui alimenteraient elles mêmes leur CPF, a-t-il été oublié ?).

Donc on achète ce qu’on veut comme formation ?

hum… oui mais non. Le porteur du CPF peut choisir une formation, dans une liste définie et limitée (pas de panique il semble que la liste recense déjà plus de 20.000 formations). Autre subtilité pour les salariés, si votre employeur n’est pas partie prenante dans votre projet, il faudra vous former en dehors du temps de travail.

Oui mais on fait comment ?

Déjà on fait le point sur ses droits (le site de référence est ici).

Ensuite on choisit une formation qui est “éligible”, logiquement le formateur l’indique dans son offre de formation.

Enfin on pense à vérifier qu’elle est bien éligible ! (même si l’unification des listes devrait limiter les déboires connus dernièrement).

En ce qui concerne la future application révolutionnaire qui permettra de gérer son compte, soyons honnêtes, nous n’avons pas d’informations réellement utiles sur le sujet.


Le CPF est il une révolution dans la formation professionnelle ?

Tout dépend de ce qu’on entend par “révolution”… c’est surtout une évolution naturelle. Souvenez vous du DIF (droit INDIVIDUEL) qui était un vrai changement… c’est la suite.

En réalité le CPF, et encore plus maintenant qu’il est libellé “en euros”, traduit deux choses indissociables :

  • le droit individual à mener sa carrière comme on l’entend, à faire des projets professionnels sans lien avec son employeur, en bref “la liberté de choisir son avenir professionnel”
  • mais aussi la responsabilisation individuelle face au marché de l’emploi, ce n’est plus l’employeur qui garantit votre employabilité, c’est vous seul


Il va falloir l’utiliser à bon escient ce CPF, pour optimiser sa valeur professionnelle, d’autant plus que personne ne peut prédire la place qu’il prendra dans la dépense nationale de formation.

En effet, faisons un calcul rapide (et approximatif, mais c’est pour une idée générale).

Si 30 millions d’actifs peuvent dépenser au moins 500€ par an, le coût total pourrait atteindre 15 milliards d’euros. Quand on sait que la dépense annuelle de formation avant cette évolution pour les salariés est de… 15 milliards d’euros ! Faut il y voir un transfert progressif ? L’avenir nous le dira.

Si vous êtes formateur, il y a de toutes façons un sujet à ne pas rater. Vos formations sont elles éligibles au CPF ? Mais surtout êtes vous prêts, dans un marché d’acheteurs individuels, à proposer des formations individuelles ou des sessions Inter ?


Stephane
Leforestier